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Une résilience multifacettes: Cahiers Risques et Résilience n°1

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Une résilience multifacettes: Cahiers Risques et Résilience n°1
Gilles Teneau | 6 février 2020

Une résilience multifacettes: Cahiers Risques et Résilience n°1 - Résilience Organisationnelle

Sommaire

Sommaire - Résilience Organisationnelle

Editorial

A partir de la fin des années 90, les chercheurs se sont intéressés à la résilience face aux structures d’entreprises, aux différentes formes d’organisations. L’année 2005 est une date importante pour la naissance de la résilience organisationnelle avec la conférence mondiale de l’ONU qui intègre dans son discours la notion de résilience organisationnelle. La résilience organisationnelle est une résilience qui se préoccupe des structures, de la stratégie mais aussi du management et de la culture. C’est à partir de cette période qu’un groupe de chercheurs composant « le Centre d’Ingénierie et de REcherches en Résilience des Organisations (CIRERO) » exposent leurs premiers travaux dans des colloques et des publications. Ce groupe fédère des universitaires et professionnels de différents horizons et pays (Canada, UK, France, Belgique, USA, Liban), tout en travaillant sur des domaines spécifiques (le management de proximité, les indicateurs de la résilience, les ressources rares, la résilience entrepreneuriale, la résilience appliquée à la chaine logistique, le rebond).

Les cahiers se veulent avant tout académiques mais aussi pragmatiques et réellement tournés sur le management de l'entreprise. Des cadres théoriques issus d'autres domaines (économie, sociologie, philosophie, etc.) peuvent être mobilisés mais ne doivent pas primer sur l'approche gestionnaire. Le premier numéro nous offre une résilience multi-facette aux nombreux visages.

Nicolas Dufour traite dans son article de la gestion des risques qui inclue des recherches sur la gestion des assurances, l’hygiène, la sécurité et l’environnement, la gestion de crise et la résilience. De nombreuses recherches (principalement post-crise financière de 2008), ont traité de la nécessité de mieux penser la gestion des risques. Ces travaux émettent un regard critique sur la façon dont les organisations pensent les risques, souvent après-coup, post-incident ou crise, et avec une tendance à sous-estimer le risque pas encore survenu comme quelque chose de théorique, ayant un faible coût d’opportunité en cas de survenance.

Corinne Baujard et Jean-Paul Valette s’attachent à la manière dont les vulnérabilités modifient et donnent du sens aux espaces de travail des seniors en situation de handicap. Les auteurs s’appuient sur une démarche menée auprès du service « préparation de commandes » d’une entreprise européenne de logistique qui mène des actions d’accompagnement auprès de ses salariés seniors en situation de handicap. Quel processus pédagogique résulte de la transmission des savoirs professionnels dans l’accompagnement de ces seniors ? La négociation de chemins éducatifs entre sujets différents permet à l’organisation sociale d’imaginer de nouveaux espaces de travail afin de contribuer à l’épanouissement du vivre ensemble.

Marie-Josée Bernard présente une analyse qualitative des conséquences et impacts de différentes natures de l’échec en entrepreneuriat : personnels, psychologiques, sociaux, émotionnels sur des entrepreneurs ayant créés (et repris) des PME.  Elle met en lumière les caractéristiques du passage des effets de choc à celui de remobilisation, de reconstruction, et ouvre sur la perspective de formes émergentes d’apprentissages issues de cette épreuve. Pour ce faire elle mobilise le concept de résilience en tant que dynamique permettant la compréhension des étapes de récupération et de transformation consécutives à des chocs sévères.

Guy Koninckx aborde les concepts de systémique et de résilience organisationnelle afin de disposer de leurs définitions comme cadre. Ceci afin d’établir des rapports entre ces deux disciplines. Explorer distinctement les particularités de la systémique et de la résilience organisationnelle nous fournit de précieuses informations pour les cerner davantage et nous interroger sur l’existence d’interactions entre elles. De réelles synergies se dégagent et permettent de repérer des leviers d’action favorables à un tandem gagnant : systémique et résilience organisationnelle.

Max Moulin était invité par Improver (European Reference Network for Critical Infrastructure Protection) sur le projet ERNCIP relatif à la protection des infrastructures critiques lancé par l'Union Européenne, afin de discourir sur les travaux sur la résilience organisationnelle au sein de CIRERO (Centre d’ingénierie et de recherches en résilience des organisations). Son discours portait sur la vulnérabilité extrême des sociétés technologiquement avancées. Ce constat n'est certes pas nouveau, mais il a pris un caractère majeur après quelques catastrophes récentes (Katrina, Deepwater, Fukushima).

Sylvain Delarue dans son article rend compte d'une mobilisation de la notion de résilience organisationnelle dans le développement managérial des institutions territoriales. Les collectivités territoriales en France traversent une période de transformations fondamentales. Ces transformations constituent des réponses à des conditions nouvelles sur le plan légal, sociétal, économique et politique.

Gilles Teneau et Julien Kouadio traitent de la resilience organisationnelle en Afrique. Pays qui évolue depuis les années 90 dans un engrenage contextuel crisogène profond. Cette crise affecte toutes ses institutions. Certaines crises émanent de l’effondrement ou de l’incapacité de certaines institutions à atteindre leurs objectifs. Au fur et à mesure que nous avançons dans le temps, le rythme des turbulences s’accroît, s’intensifie, s’accélère et se complexifie. Cette situation de bouleversement des structures, des organisations, des institutions et de la société africaine en général est en grande partie imputable aux universités nationales. Alors quelles sont les conditions favorables à l'émergence de la résilience, cette aptitude nécessaire aux acteurs et aux universités, qu’il faut remplir en vue de faire face aux crises, aux turbulences que traversent les sociétés africaines ?

Marianne Malle dans le dernier article de ce cahier, propose un compte-rendu des communications du symposium international de la resilience d’octobre 2019.

Gilles Teneau, rédacteur en chef